« Le mentir vrai »

Louis Aragon sut définir par ces trois termes éponymes ce que sait être, en effet, l’art romanesque.

D’une certaine manière, et d’une manière certaine, il couvre et ouvre de son aile toutes les précautions d’auteur plus ou moins ainsi libellées:

 

 » Toute ressemblance avec des personnes et des situations existant ou ayant existé serait fruit du hasard etc…etc… »

 

Or, ( conjonction précieuse!) jamais un coup de D ne saura l’abolir, ce fameux hasard!

Alors jouons un peu!

 

Jouons à imaginer quelques scénari. C’est un exercice traditionnel dans le bac de Lettres, option « écriture d’invention ».

Sujet numéro 1:

En été 1994, Didier Lèdron, amateur de films sataniques,  » modeste » enseignant à des élèves de bac plus cinq ( lui qui n’a même pas le brevet des collèges!) jure qu’il va réussir le  » challenge » suivant: détruira la vie de celle qui vient, avec la complicité de sa fille (  mère et fille excédées par son comportement insupportable et très dangereux) , de le mettre à la porte.

Il précise à la belle qu’il la fera soit interner à vie , soit tuer. Ca prendra le temps nécessaire, ajoute-t-il d’un ricanement débilement menaçant.

Au printemps 2014, Didier Lèdron, qui est bel et bien parvenu à soudoyer deux avocats, trois juges et une quinzaine de petits témoins, afin que la merveilleuse soit à jamais séparée de sa fille ( voire de ses petits-enfants) n’a cependant toujours pas réussi son pari.

Tout en respectant bien la ponctuation, écrivez à Monsieur Lèdron afin qu’au lieu de regarder des films satanistes, il prépare son bac.

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Sujet numéro 2: « Couvert de dettes »

« En juin 1988, Monsieur D.L. est couvert de dettes.

Il n’a pas payé son loyer depuis huit mois, n’a jamais su verser la moindre pension alimentaire régulièrement à ses trois enfants, les factures s’accumulent sur son bureau  » d’artiste ».

Que faire?

Ah, si une jolie fée pouvait lui ouvrir ses bras, le loger nourrir blanchir aimer au quotidien, le présenter à son banquier afin de lui ouvrir un joli plan de remise à niveau qui lui permettrait de rembourser ses dettes tout en vivant royalement aux frais de la Belle et de sa fille! Ah! Oui! Mais comment-est-ce que faire-ce possible-t-il? »

Tout en continuant de bien respecter la ponctuation, essayez d’imaginer le machiavélique procédé du Sieur pour tenter d’arriver à ses fins, en attendant qu’il n’arrive à la sienne.

P.S. Si le sujet ne vous inspire pas – et je vous comprends- passez directement au sujet numéro trois!

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Sujet numéro trois:

 Votre prof de français à la retraite (mais jamais en retrait) tient à vous fée-liciter pour vos travaux particulièrement performatifs. Elle organise donc une fête en sa maison normande où les oiseaux savent parler toutes les langues, où le rosier qui semblait si fragile résiste fièrement ( oui, fièrement!) aux vents, tant il sait les secrets du roseau bien pensant de Pascal et de La Fontaine, et où le sapin chaque année reverdit de tendresse face à ce mirabellier importé de Lorraine, et on se demande bien comment!

Imaginez les ateliers installés partout dans la maison et le jardin, toutes religions et langues confondues, les musiques et les danses , Cabut perché quelquepart, crayon en mains, et partout la

liberté de vivre lorsque l’on n’offre que du bonheur!

P.S. Pour ceux et celles qui auraient traité le(s) sujet(s) numéro 1 ou numéro 2, notez que le personnage dont il y était question  a été récemment et définitivement interrompu dans l’exercice de ses fictions et de ses menaces diaboliques.

Tout cependant ( et, en même temps) nous gardons sous le coude l’intégralité de sa correspondance pas fictive du tout, elle!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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