Poésie sans frontières

 

 » Un royaume à langue unique et à civilisation close est faible et précaire. »

Sage message du roi Saint Etienne de Hongrie à son fils en l’année 1030.

 

*

 

 

 

J’ai eu un coup de coeur pour L’HYMNE A LA NUIT DE NOVALIS ( Friedrich von Hardenberg). Seule la partie finale, nettement détachée horizontalement et verticalement par l’auteur lui-même, est écrite en vers. Ils s’offrirent naturellement à ma traduction non point littérale, mais poétique. Je la propose aux lecteurs qui connaissent la langue de Rilke.

 

Novalis

 

Quand il s’avère enfin que chiffres et paraîtres

Sont impuissantes clefs aux serrures de l’Etre,

Et lorsqu’une chanson, ou un petit baiser,

Bien mieux que sciences dures agissent en secret,

Lorsque le monde libre, loin de toute contrainte,

S’ offre à tous les humains en une douce étreinte,

Lorsque Lumière et Ombre à nouveau réunies

Fêtent leur mariage au grand jour de la vie

Et que l’on  reconnaît en nos contes de fée

L’Histoire et le récit du monde tout entier,

Alors d’un seul vocable jusque là inouï

…………..

Jaillit la Vie!

 

 

 

Certaines régions frontalières sont, plus que d’autres, marquées par les guerres. Convoitées, prises en otage, elles sont les jouets de l’Histoire, avec sa grande hâche.

De ces douleurs, de ces séparations des terres et des champs, naissent des chants, des dialectes, des patois, sortes de métissages linguistiques que Monsieur Auguste Rohr a désiré présenter en sa TRILOGIE franco-allemande et dialectale.

Il n’a pas détesté ma traduction de sa chanson qui, justement, nous parle de champs, et de chants, de dons terrestres , ces petits lopins de terre dont l’héritage passe par notaires ( nos terres) , et aussi, et surtout, de ces héritages poétiques, chantés, enchanteurs, qui s’envolent librement, de la voix d’une grand-mère à l’oreille de ses petits-enfants, mémoire orale, et libre…

Voici donc,

 » Chants issus de notre terre »

 

 

 

Lorraine: Auguste Rohr

Les commentaires sont clos.