La maison des copains d’abord

 

Y sont déjà venus depuis la Normandie, Paris, la Lorraine ou l’Allemagne Marie, Serge, Aymeric, Sandrine, Jean-Pierre, Marc-Mathieu, Anne, Rougui, Boubacar, Mahamadou, Harald, Edith, Hilde, Josef, Frédéric, Dramane, Malika, Janpiero, Gherard, Elke, Alfred, Tim, Valéry, Catherine, Morgane, Marc, Gregor, Fabienne, Pascal, Violette, Karl, Alfred, Nelly, Gerda, Jocelyn, Frédéric, Daniel, Lisa, Martial, Sarah la panthère, Max, etc…

Voici quelques uns de mes copains réunis chez moi ( à Paris), avec champagne, friandises, humour, chansons et beaucoup d’amitié!

 

Mais revenons en Normandie: depuis cet été ( 2015) où mon pinceau a patiemment caressé les encadrements de bois des neuf fenêtres, ils en ont rosi de plaisir !

Le cerisier géant sert de parasol en cas de canicule ( si si, ça arrive!) tandis que le sapin magicien monte la garde.

Tous les oiseaux de la contrée nous donnent aubade et sérénade dans la grande haie qui se trouve au fond du jardin…

J’ai peint moi-même la façade du garage et de cette maison pour laquelle j’ai eu un véritable coup de coeur il y a dix ans, parce qu’elle est authentique, discrète, fragile et cependant résistante!

Un amour de maison!

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UNE ETONNANTE SOURICETTE!

Dès que j’ai acquis cette maison de campagne, j’eus la visite de  charmants compagnons, parmi lesquels un écureuil, qui, lorsque nous dormions, s’amusait à faire diminuer de hauteur ma belle pyramide de noix. Chaque matin sans qu’aucune noix n’ait roulé par terre, et sans que la forme pyramidale ne soit touchée – du grand art!- nous constations la chose, sans savoir où sa cachait l’acrobate, ou bien par où il entrait, jusqu’au jour où…je découvris qu’il avait amassé son butin  dans mes bottes en caoutchouc noire, hautes bottes de jardin! C’ était  rigolo comme tout et trop mignon d’imaginer son discret petit jeu nocturne! Quel farceur! Je vidai alors le contenu des bottes au pied du grand noyer ( qui depuis a craqué de vieillesse) et notre petit chapardeur a parfaitement compris la leçon. Il ne toucha plus aux noix gardées à la maison et nous vécûmes en parfaite entente, lui dehors, nous dedans.

J’eus aussi un beau jour la visite  d’un vieux hérisson qui se posa sur le paillasson devant l’entrée, comme pour y retrouver la couleur et la texture des siens. L’effet était saisissant: un vrai ton sur ton! Je crus qu’il allait mourir car il ne bougeait plus et semblait épuisé, puis entrepris de lui donner des petites miettes de pain humidifiées dans du lait.

Tout doucement, il  vint à moi, et commença de se nourrir, puis de bouger, et hop, le voici qui repartit trottin trottant  vers son bonhomme de chemin!

Mais l’histoire la plus étonnante est celle de Souricette! Je dois d’abord expliquer que lorsque j’ai acheté ma maison, en 2005, une famille souris y était installée comme c’est souvent le cas dans les vieilles maisons de campagne. Je retrouvais chaque jour les petits crottes noires de ces mignonnes et me demandait comment j’allais les inviter à quitter les lieux. Pas question de trappes ou de poison. Que faire? J’appris qu’ existait un moyen simple de les faire décamper définitivement sans en blesser ou tuer une seule: la boîte à ultra-sons. Cette boîte, qui se branche dans une prise électrique, va émettre à un rythme irrégulier, donc imprévisible, ces fameux ultra-sons totalement inaudibles pour l’oreille humaine, mais absolument insupportables pour les souris.

L’effet fut immédiat et je laissai la boîte magique constamment branchée. Un soir, alors que je dînai avec une amie dans la grande cuisine, porte ouverte sur le salon , nous perçûmes ce petit bruit de grignotement bien caractéristique de la gente souris. Ca alors! La black box était-elle bien branchée? Oui! Soudain, mon amie Marie, qui était bien décidée à dénicher la coquine, s’approcha du piano à pas de velours et tendit l’oreille: ça venait bien de là! Je démontai le pan de bois de la partie inférieure de l’instrument et …

nous vîmes une adorable souricette dont le museau dépassait entre deux cordes du piano! C’était donc une souricette sourde, que les ultra-sons n’avaient absolument pas gênée, et qui, de plus, adorait le piano! On la baptisa donc Beethoven et, comme sa cachette avait été trouvée, elle consentit à partir vers d’autres horizons!

J’eus cependant le temps de prendre la photo que voici ( vous apercevrez Souricette en bas à gauche)

Photo 042

Depuis cinq ans environ, il n’y a plus ni crotte de souris, ni boîte noire. Tiens tiens! Que ha pasado?

Une simple petite réflexion de pure logique: pourquoi les souris entrent-elles en nos logis? Pour y trouver à grignoter, of course! Je mis alors en route le plan: tous aux abris! Farine, biscottes, pains, gâteaux secs , armées de cacahuètes, bataillons de chips, tout, absolument tout devait être sous haute protection!

Je décidai de me rendre dans la plus proche boutique, un  petit bazard sympa où on peut se faire offrir une bague de princesse pour trois francs six sous, et découvris alors, juste avant la sortie, EXACTEMENT ce dont j’avais rêvé. Deux adorables petits meubles avec étagères, tiroir, portes hermétiques, et mieux encore que dans mon rêve, décorées ( peintes) à la main! J’allais donc gagner un temps fou car en général tout ce qui  passe par mes mains se retrouve quelques jours après orné de jolies peintures  soit réalistes, soit naïves, soit un brin impressionnistes, bref! Là le travail non seulement était fait, mais en plus, vous n’allez pas me croire, le marchand me précisa que ces petites merveilles nous venaient juste d’arriver de…Bohême en Tchecoslovaquie, le cher pays de ma Mamouchka.

(Voulez-vous connaître le nom de la petite boutique?  C’est EUREKA! J’aime bien aller y fureter vers les cinq  heures EKA. Mais on n’est pas à la minute près! )

Je reprends le fil du récit. Sachant que ma Mère, déjà sur terre, savait faire des petits miracles, et y croyait, je me suis toujours demandée si de là-haut, elle n’aurait pas un brin commandité la chose avec ce petit air de mine de pas y toucher mais vous allez voir c’que vous allez voir!

A propos de cats, elle me disait souvent,: « Si on se transforme en animal après la vie de terrien, moi j’aimerais être  un chat, et vivre chez toi! »

Elle avait les yeux verts des chats, leur caractère noble et indépendant, un bon coup de patte pour vous travailler  la pâte sans faire de l’épate ( voir l’émission n° 1 de Malle à Malices, partie TV) , des cheveux doux et argentés comme un angora et elle ronronnait les R en parlant…Très Aristochatte!

Tiens justement, venez découvrir l’un de mes nombreux chats du temps de la Lorraine. C’est Marguerite, angora, mère de trois petits, Pâquerette, la coquine, Grisou, le paresseux qui fut adopté par un couple d’amis épiciers et passa son temps sur la couette câliné et protégé par leur grand chien berger! Une histoire d’amour à vous faire tous craquer! Et enfin le troisième, noir et blanc, Capucin, qui me resta fidèle jusque’ à sa dernière seconde.

Auparavant j’avais eu Mistigris, farouche chasseur de souris. Il ne se laissait toucher par personne mais passait ses soirées lové sur mes genoux!

Puis Mistigrette, touchante minette qui venait miauler à ma porte, et pas ailleurs, dans un grand immeuble HLM. Découvrant qu’elle saignait, j’appelai le vétérinaire qui m’en félicita car la blessure aurait pu s’infecter. Je la soignai, elle guérit, et ne supportant pas les HLM, elle vint miauler à mes chevilles en signe d’au revoir. J’ouvris la porte-fenêtre et elle prit sa liberté!

Enfin, mon dernier chat lorrain était un clandestin! Il quitta ses maîtres ( des amis de ma fille) et s’introduisit par la chatière en pleine nuit, plutôt agressif.

Je tentai de le rendre à ses propriétaires qui l’avaient baptisé  » granit ». Tant pis pour eux: il fut aussi intransportable qu’un bloc de granit!

Je lui appris les belles manières, en douceur,  il consentit à rentrer ses griffes  et nous vécûmes heureux jusqu’à mon déménagement où il comprit tout de suite qu’il n’y aurait pas de place pour lui dans un petit studio de la capitale.

 

Voici donc celle au coeur d’or, Marguerite:

 

 

Coucou! Notez bien que, dans cette rubrique consacrée selon le titre à ma chère Normandie, vous avez visionné l’ une de mes soirées parisiennes, tiennes, miennes, d’une part, et découvert Marguerite, qui n’est pas une vache mais une chatte angora de la lignée des Duchesses incorruptibles, insoumise à tout dressage et d’une propreté naturelle qui ferait pâlir les toiletteurs de tout poil.Très sensible à la beauté des fleurs, Marguerite la bien-nommée, se dressait seule sur ses pattes arrière, posant comme une star ( qu’elle était) quand ELLE voulait. Oui Monsieur! Marguerite qui n’est jamais venue en Normandie.

Pourquoi ces hors-sujet spatio-temporels?

Parce que, ma maison de Normandie se nomme les COPAINS d’ABORD, et se trouve aussi un peu partout où règne l’amitié.

( C’est un peu la dialectique pays de Caux-pays de Co). Le jour où tout le monde aura bien saisi ça, tu verras que le mot XENOPHOBIE rougira de honte sur le plateau des Chiffres et des Lettres et nous ferons tous une formidable fête, y compris les amateurs de scrabble parce qu’avec un X et un H sur mot compte triple, je te raconte pas le score!

et parce que ( reviens au début de l’assertion causale, avant la parenthèse) même si je ne dégrafe point mon corsage comme la Margot de la chanson, tous les chats tous les chats du village ( de Normandie) viennent me rappeler la beauté de Marguerite ( de Lorraine).

 

Ca ira?  Ou devrais-je suivre d’urgence une psychothérapie d’enfer pour me punir d’oser savoir que même ici, c’est ailleurs? Et que nous emportons tout en notre coeur nomade…Tout!

 

 

Vous me suivez? Todo va bene? Wonderfull, foule sentimentale!

Alors faisons escale puisque l’escale y est!

Escalier unique au monde, peint par bibi, marche après marche!

 

Une fois descendus de l’escalier, vous voici nez années devant une affiche de pestacle intitulé LES DESCENDANTS.

Descendus-descendants, spectacle-peste acle, mouais, vaguement logique mais voyons plutôt.

Eh bien voyons:

une paire de lunettes à la monture de fil de fer barbelé a été offerte à ces descendants. C’est assez barbare.

 

Heureusement, au-delà des barbelés, quelques mots se font discerner:

 

Et voici Sarah! Je vous l’avais promise: c’est la panthère de la photo de classe du lycée classe de 1°!

Elle fit l’aller-retour Paris-Normandie le 21 juillet de cette année, plus belle qu’une reine! Et m’offrit ce cadeau:

Ce cadeau: buste de pierre grise et usée, avec le décolleté de porcelaine blanche d’une brillance incroyablement douce sous les doigts, les cheveux relevés en chignon, le visage juste immortalisé dans une tendre vigilance.

 » C’est vous madame! »

Alors je lui ai montré cette autre statue, en bois, réalisée par mon grand-père de Bohême, mort en Russie, les pieds gelés, lui qui était le savetier de la famille.

Savetier…Savoir jusqu’au bout des pieds.

 

 

C’est important de regarder l’oeuvre recto-verso. On voit au dos de quel pauvre bout de bois il a sculptée cette chose-là.

Oh! J’ai cru voir une fôte d’orthographe, madame!

 

Point du tout ma toute belle! Je t’ explique ( mes élèves sont comme mes amours, parfois je leur dis « tu », parfois « vous », ainsi c’est plus varié, moins obligé, plus british, you understand?

Donc je t’explique as promised:

Un brin lasse d’entendre que je serais une fée, et surtout horrifiée par ce que je dus supporter depuis que cela se sut, j’ai pris un feutre véléda effaçable, tu sais, comme en classe, et j’ai ajouté un E au mot café de ce charmant petit pot de porcelaine que nous avait offert pour cadeau de mariage un avocat de Metz…

Or, ma belle, au moment d’accueillir mon jardinier, mon maçon, pour le petit café sans lequel aucune journée digne de ce nom ne saurait débuter, j’ai voulu passer l’éponge sur cet E en principe totalement effaçable!

Que nenni!

 

Rien n’y fait!

Je l’ai mis au lave-vaisselle plusieurs fois, passé au gratte-éponge et même white spirit!

 

La lettre muette écrite au feutre effaçable NE PART PAS!

 

Allez ma belle! Tu dois rentrer à Paris! Empruntons cette allée que mon maçon et moi venons de rénover.

 

 

Il est dates qui ne s’effaceront jamais.

 

 

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