Témoignage de Cabu et illustration dans le réel

J’ai rencontré l’artiste en 1976.

J’avais épousé deux années plus tôt un avocat-stagiaire qui était, je m’en aperçus peu à peu,  aux antipodes de mes idéaux. Attraction des contraires…

Il était ancien parachutiste, militaire de réserve, ou de carrière, je ne sais plus le terme exact, oeuvrait aux TPFA, tribunaux permanents des forces armées, oui madame, déjeunait aux messes des officiers, à Metz et ne semblait pas alors particulièrement ému ni par la guerre d’Algérie, ni par l’horreur de la Shoah, ni par des petites percées de racisme qui repointait le bout de son nez dans notre Lorraine déjà si meurtrie.

Il apprécia en moi la jeune fille de belle éducation,  plongée dans ses bouquins de philo, de littérature, de langues, qui faisait donc contraste avec tout ce qu’il avait croqué jusque là.

 

Un jour que je faisais la vaisselle chez ma mère, il m’offrit une bague de fiançailles vraiment belle, émeraude entourée de diamants. Je l’ai perdue, en faisant la vaisselle…

 Notre amour naquit et grandit et, allez en comprendre la magie: peu à peu, Alain fut totalement illuminé par ma présence. J’aimais mon métier d’instit. et ressentais une tendresse particulière, qui ne me quitta jamais, pour tous les enfants défavorisés, Français, Etrangers, sans distinction. Mais avec beaucoup de distinction, cependant, vous comprenez?

C’est comme si, pour Alain, tout un immense pan de la vie se découvrait. Il sortait de la caverne de Platon. Je lui laissai le temps de s’habituer à la beauté des nuances…

Je ne militais absolument point, ni ne religiosais, mais vivais mes idéaux, naturellement, à chaque instant.

Et voilà t-y pas que mon Alain d’amour déchira un jour sa carte militaire ( il n’avait pas encore capté l’art des nuances ), se détacha nettement  de ses ambitions napoléoniennes, et se consacra à la défense des Insoumis, c’est-à-dire, à cette époque, des hommes qui refusaient d’apprendre à tuer. Des Hommes, quoi!

Ils acceptaient très volontiers d’effectuer bien plus que des Insoumis, ( car le principe même de soumission/insoumission n’a plus raison d’être lorsque l’on a soi-même le devoir de conscience!) un service patriotique civique.

C’est exactement ainsi que j’eusse fait si j’étais née garçon.

Hélas, ce statut était encore inenvisagé et ils éccopaient la plupart du temps de deux ans de prison. ( Il fallut attendre Jacques Chirac pour que s’ouvre la loi.)

C’est donc dans le cadre de l’un de ces procès, où vous verrez mon avocat d’époux de l’époque, que Cabut vint chez nous, et que j’eus l’honneur du coeur de la double page de son reportage.

Déjà sévissait le chômage…

 

Voici donc mon mari de l’époque. Je n’en ai eu qu’un. Jusqu’à présent ( juin 2017). J’ai conservé cette première robe d’avocat qu’il m’a offerte. J’ai adoré ce cadeau!

Là en bas c’est moi. »  » Tu ne me dessines jamais dans tes pages, m’a dit Hélène »Alors voilà pour Hélène. » ( Commentaire de l’artiste, pas très lisible en haut à gauche).

Je vous laisse lorgner mes lunettes, ces hublots qui devinrent  » complètement ringards » quelques décennies plus tard, et qui maintenant sont complètement à ma mode.

Peu importe. Ce qui compte, c’est plutôt les mirettes comme le chante si bien Montand.

 

Trop mignonne l’anecdote du pauvre policier qui se fait gronder par le procureur parce qu’il avait laissé ouvert son talky-walky.

Kézako?

Un truc préhistorique, ancêtre de vos insupportables portables qui font que vous n’êtes plus jamais ni à ce ni à ceux que vous faîtes et avec qui vous semblez être.

On ne dira jamais assez la tendresse de l’humour de Cabu.

 

-Et un transistor, Madame, c’est quoi-t-est-ce-que-t’il?

-Eh bien c’est un tout petit poste de radio avec une anse. Tu peux ainsi le transporter avec toi partout. Ma mère jardinait avec le transistor, moi je m’endormais à ses côtés en écoutant

SLC salut les copains.

Bref. Revenons à ce cher tribunal messin. Nous étions bien en pays du Concordat, admirez plutôt! Ca n’a pas changé d’ailleurs. La Laïcité? Inconnue au bataillon!

Et dans ce même exemplaire du journal, déjà l’inquiétude qui ne nous quitt(er)a jamais…

 

 

Mais, me direz-vous, fins lecteurs que vous êtes, sensibles au concordat autant qu’ à la concordance entre le titre annoncé et le texte énoncé,

 

 » Où est le rapport entre  » Maîtresse » et « Cabut » ( qui s’orthographie avec un « t » dans la vie)?

 

Nous ne sommes pas dans Paris-Match, ni dans Voici. Ni même dans voilà.

Donc, les indiscrets peuvent prendre leur Clac, et les simples curieux, leur Clic!

 

Quoi que.

Voici un rapport qui nous vient à merveille: Cabut ( à gauche), assis à mes côtés.

Je suis maîtresse d’école et nous venons visiter un instituteur mosellan  en grève de la faim.

Voilà. Tu l’as ton rapport.

 

 

Pour voir le témoignage de Cabu cliquez sur ce lien

 

Pour l’illustration cliquez sur ce lien

Alors là, c’est le principe de COPAINS D’AVANT, à la différence près que ce sont sont mes Amours de toujours.

De gauche à droite et du haut en bas, Alexandar, Jérémy D. , Valérian, Aymeric, Lucia, Jérémy F., Jut, Iounit, Sarah M., Simon, Mickaël, Ludovic, Hakim, Mounir, Loïc, Shayma, Megan, Lucile, ( moi), Ornella, Shatana, Bilal

…et Sarah A, karateka premier prix national, que j’ai surnommée LA PANTHERE.

( Abla est absente de la photo, mais bien inscrite en ma mémoire).

 

Relire tous ces prénoms, c’est déjà un poème! Voyez un peu ces adorables qui disent non avec la tête et tellement oui avec le coeur. Fidèles au rendez-vous chaque jour, avec le livre de poche même pas oublié, Madame.

Tiens, à propos, trop contente d’apprendre qu’il est né la même année que moi, le livre de poche. Mais bien entendu c’est encore la faute à Voltaire qui nous avait concocté son petit dictionnaire philosophique portable pour nous montrer l’exemple, mine de rien!

La panthère est venue me visiter cet été en Normandie. Jour magique dont je vous parlerai dans la rubrique adéquate.

2007-2017

 

Les commentaires sont clos.